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Immobilier

Caution d’un appartement meublé : 2 mois maximum, sans déduire le dernier loyer

Éléonore Guichard-Duranel 8 min de lecture
Caution appartement meublé : bail et état des lieux

Dans un appartement meublé, la « caution » désigne le plus souvent le dépôt de garantie. Versée au début de la location, cette somme peut atteindre deux mois de loyer hors charges. Elle ne sert pas à payer le dernier mois : le bailleur peut l’utiliser, si la retenue est justifiée, pour couvrir des impayés, des réparations locatives ou des dégradations constatées au départ.

Dépôt de garantie et caution solidaire : deux protections très différentes

Le dépôt de garantie est une somme versée par le locataire au bailleur lors de la signature du bail. Son montant doit figurer dans le contrat de location. Il reste fixe pendant le bail initial et sa prolongation. À la fin de la location, le bailleur doit le restituer, après avoir effectué, si nécessaire, des retenues justifiées.

Calcul du dépôt de garantie

Estimez le montant maximal autorisé selon le type de bail.

Montant en euros, hors charges
Plafond légal 2 mois
Montant maximal calculé —

Formule : loyer hors charges × nombre maximal de mois.

À retenir : il s’agit d’un plafond. Le montant demandé peut être inférieur. Les charges ne doivent pas être incluses dans le calcul.

Le cautionnement, souvent appelé caution solidaire, ne correspond pas à une somme bloquée. Il s’agit de l’engagement d’un tiers, le garant, à régler les dettes locatives du locataire si celui-ci ne les paie pas. Un propriétaire peut donc demander un dépôt de garantie et, selon la situation, un garant. Ces deux mécanismes ne couvrent pas le même risque.

Un versement à sécuriser dès la signature

Le dépôt est habituellement payé à la signature du bail, avant ou lors de la remise des clés. Le paiement peut se faire par virement, par chèque ou en espèces. Dans ce dernier cas, le locataire doit demander un reçu daté mentionnant le montant versé et l’adresse du logement. Conserver cette preuve avec le bail évite les contestations ultérieures sur l’existence ou le montant du versement.

Le dépôt de garantie ne remplace jamais le loyer. Même si le locataire pense que la somme versée couvre son dernier mois d’occupation, il doit régler ce loyer normalement. Le déduire seul crée un impayé et peut donner au bailleur un motif de retenue sur le dépôt.

Quel montant prévoir selon le type de location ?

Pour une location meublée classique, le dépôt de garantie est plafonné à deux mois de loyer hors charges. Le calcul porte sur le loyer nu, sans les provisions ni le forfait de charges. Le propriétaire peut demander moins, mais jamais davantage. Le mobilier, les équipements et les accessoires fournis expliquent ce plafond plus élevé que celui applicable à un logement vide.

Type de bail Dépôt de garantie autorisé Point d’attention
Location meublée Jusqu’à 2 mois de loyer hors charges Le montant figure dans le bail et ne varie pas pendant le contrat.
Location vide Jusqu’à 1 mois de loyer Le plafond est inférieur à celui d’un logement meublé.
Bail mobilité Aucun dépôt de garantie Le bailleur ne peut pas en exiger.

Exemple : pour un appartement meublé loué 800 euros hors charges, le dépôt de garantie peut atteindre 1 600 euros. Cette somme peut s’ajouter au premier loyer et aux autres frais d’entrée éventuels. Il est donc utile de vérifier le montant prévu avant de signer et de conserver une preuve de paiement distincte du reçu de loyer.

Des aides possibles pour avancer la somme

Lorsque le dépôt de garantie pèse sur le budget d’installation, certains locataires peuvent se renseigner auprès d’Action Logement ou du fonds de solidarité pour le logement. Ces dispositifs ne modifient pas les règles du bail. Ils peuvent seulement aider à financer la somme demandée ou à en répartir la charge selon la situation du demandeur.

L’état des lieux : la pièce qui départage l’usure et la dégradation

À la sortie, le dépôt de garantie dépend d’abord de la comparaison entre l’état des lieux d’entrée et celui de sortie. Dans un logement meublé, le document doit décrire les murs, les sols et les équipements, mais aussi le mobilier fourni : table, chaises, literie, électroménager, vaisselle ou luminaires, selon l’inventaire annexé au bail.

Ce que le bailleur peut retenir

Une retenue peut concerner des loyers ou des charges impayés, des réparations locatives, le remplacement d’un meuble dégradé ou la remise en état d’un équipement abîmé. Elle doit correspondre à un préjudice réel et être justifiée. Des devis, des factures, des photographies, des échanges écrits ou un constat de commissaire de justice peuvent appuyer la demande du bailleur.

À l’inverse, l’usure normale liée au temps et à un usage raisonnable ne doit pas être facturée au locataire. Une peinture qui ternit, un matelas qui vieillit ou un appareil qui tombe en panne par vétusté ne constituent pas automatiquement des dégradations. Pour faire la différence, il faut pouvoir établir l’état initial du logement et l’évolution constatée au départ.

Des mentions trop générales, comme « bon état », rendent cette comparaison difficile. À l’entrée, le locataire a intérêt à noter les rayures, à tester les appareils, à photographier les défauts et à préciser le nombre ainsi que l’état des éléments du mobilier. Ces informations protègent les deux parties lorsque les documents sont comparés à la fin du bail.

Le cas particulier des charges

Lorsque les charges sont versées sous forme de provisions, le bailleur peut conserver provisoirement une partie du dépôt pour attendre leur régularisation. La retenue maximale mentionnée est de 20 % du dépôt de garantie. La somme doit ensuite être régularisée dans le mois qui suit la validation des comptes annuels. Avec un forfait de charges, le fonctionnement diffère : il n’y a en principe pas de régularisation annuelle fondée sur les dépenses réelles.

Un mois ou deux mois pour récupérer le dépôt de garantie

Le délai commence à courir à compter de la remise des clés. Si l’état des lieux de sortie correspond à celui d’entrée, le bailleur doit restituer le dépôt dans un délai maximal de un mois. Si des différences justifient des retenues, ce délai peut atteindre deux mois.

Le bailleur ne peut pas conserver toute la somme par simple précaution. Il doit détailler les montants retenus et fournir les justificatifs correspondants. De son côté, le locataire a intérêt à communiquer sa nouvelle adresse au moment du départ, à demander un exemplaire signé de l’état des lieux de sortie et à conserver la preuve de la remise des clés.

Une restitution partielle peut être cohérente

Un remboursement inférieur au montant initial n’est pas nécessairement abusif. Par exemple, le dépôt peut être diminué d’un loyer restant dû et du coût d’une réparation justifiée par un devis. Le solde doit alors être restitué. À l’inverse, une facture sans lien avec l’état des lieux, le remplacement complet d’un meuble déjà ancien ou une somme non expliquée doivent être examinés avec attention.

Que faire si la caution d’un appartement meublé n’est pas rendue ?

La première étape consiste à demander un décompte écrit précisant le montant du dépôt versé, les sommes retenues, les justificatifs disponibles et le solde à restituer. Si le délai est dépassé ou si les explications restent insuffisantes, le locataire peut adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Le courrier rappelle les dates de fin du bail et de remise des clés, le montant réclamé et les éléments contestés.

En cas de retard, une majoration de 10 % du montant du loyer mensuel hors charges par mois de retard est prévue. Pour appuyer sa demande, le locataire doit réunir le bail, le reçu ou la preuve du virement, les deux états des lieux, les photographies datées, l’inventaire du mobilier et les échanges avec le bailleur ou l’agence.

  • Ne pas déduire le dernier loyer du dépôt de garantie.
  • Comparer ligne par ligne les états des lieux d’entrée et de sortie.
  • Demander les devis, factures ou autres preuves de chaque retenue.
  • Vérifier si la somme conservée pour les charges respecte la limite applicable.
  • Envoyer une lettre recommandée si la restitution tarde ou si les retenues ne sont pas justifiées.

Une démarche fondée sur des documents est généralement la plus efficace. Il faut rassembler les dates, les montants, les justificatifs et les deux constats d’état du logement. Dans une location meublée, la récupération du dépôt dépend surtout de preuves précises sur ce qui a été remis, utilisé, dégradé ou restitué.

Éléonore Guichard-Duranel
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