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Compost réussi : 2/3 de matières humides, 1/3 de matières sèches et les déchets à éviter

Éléonore Guichard-Duranel 7 min de lecture

Faire du compost, c’est transformer les épluchures, feuilles mortes et petits déchets de jardin en un amendement organique utile pour la terre. Le principe repose sur des bactéries, des champignons, des vers de terre et d’autres petits organismes qui décomposent la matière organique, à condition de leur offrir de l’air, un peu d’humidité et un bon équilibre entre déchets humides et matières sèches.

Choisir la bonne solution selon son espace

On peut faire du compost dans un grand jardin, sur un petit terrain, et même en appartement. Le choix dépend surtout de l’espace disponible, de la quantité de biodéchets produits et du niveau d’entretien que vous êtes prêt à accepter.

Quiz sur le compost

Solution Pour qui ? Entretien À retenir
Tas au jardin Jardin avec un coin disponible Brassage régulier Économique, sans achat obligatoire, mais moins discret
Composteur de jardin Jardin ou cour Aération et contrôle de l’humidité Plus propre visuellement, pratique pour débuter
Composteur d’appartement Cuisine, balcon, espace réduit Apports bien dosés Adapté aux biodéchets de cuisine en petite quantité
Lombricompostage Appartement ou foyer urbain Surveillance des apports Utilise des vers de compost, et Ceercle le présente comme environ 4 fois plus rapide

Où installer son compost au jardin ?

Dans un jardin, le MNHN recommande de choisir de préférence une zone à l’ombre. Cela limite les excès de chaleur et aide à conserver une humidité régulière. Prévoyez aussi un accès facile depuis la cuisine : si le composteur est trop loin, vous risquez de perdre rapidement l’habitude d’y déposer vos déchets.

Un composteur n’est pas indispensable. Un tas au sol fonctionne très bien si l’endroit est stable, accessible et assez grand pour alterner les apports. L’idéal est de pouvoir ajouter les matières, les mélanger à la fourche et récupérer le compost mûr sans devoir tout déplacer.

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Comprendre l’équilibre entre déchets humides et matières sèches

La réussite du compost repose moins sur un matériel sophistiqué que sur un équilibre biologique. Les matières humides, souvent riches en azote, nourrissent l’activité microbienne. Les matières sèches, riches en carbone, structurent le tas, absorbent l’excès d’eau et laissent l’air circuler.

Guide pratique pour réussir son compost et l’utiliser efficacement : Découvrez toutes les étapes et astuces essentielles pour créer un compost de qualité et valoriser vos déchets organiques au quotidien.

Deux repères simples pour doser

Deux méthodes circulent souvent, et elles ne sont pas contradictoires. Le MNHN mentionne une proportion possible de 2/3 de matières humides pour 1/3 de matières sèches. Ceercle recommande de mélanger les déchets verts et bruns à parts égales, soit 50/50. En pratique, retenez ceci : si votre compost est compact, mouillé ou odorant, ajoutez du sec ; s’il se décompose à peine, ajoutez davantage de déchets frais et humides.

Imaginez le compost comme une lasagne vivante : chaque couche a sa fonction. Les épluchures seules se tassent, fermentent et privent les micro-organismes d’oxygène ; les feuilles mortes seules se décomposent lentement. En superposant une couche souple et humide, puis une couche plus fibreuse, vous créez des micro-couloirs d’air, des zones d’absorption et des surfaces de contact. C’est souvent ce détail discret qui fait la différence entre un compost qui sent mauvais et un compost qui travaille correctement.

Les matières à couper ou broyer

Les éléments trop durs ou volumineux doivent être coupés, broyés ou fragmentés avant d’être ajoutés. C’est le cas des branches fines, des tailles d’arbustes, des tailles de haies ou des déchets ligneux issus de l’élagage. Plus les morceaux sont petits, plus les micro-organismes disposent de surface d’action, et plus la transformation avance de façon régulière.

Que mettre dans le compost, et quoi éviter

Pour un compost équilibré, variez les apports entre cuisine et jardin. Les biodéchets sont les déchets biodégradables issus des aliments, des cuisines, des jardins et des espaces verts. STIGA rappelle cette définition en lien avec l’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement.

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À composter À composter avec mesure À éviter
Épluchures de fruits et légumes, marc de café, thé, filtres à café Pain, restes de repas en petites quantités Viande, poissons, crustacés
Coquilles d’œufs écrasées, fleurs fanées, feuilles mortes Agrumes et ail, selon la tolérance du compost Produits laitiers
Herbe coupée, tontes de pelouse, brindilles, bois broyé Tontes fraîches en couches fines Végétaux malades ou traités
Carton brun non plastifié, papier non imprimé, foin, sciure de bois Mouchoirs en papier non souillés par des produits chimiques Plantes montées en graines

Les déchets comme la viande, le poisson, les crustacés et les produits laitiers posent plusieurs problèmes : odeurs, nuisibles, fermentation et risques sanitaires. STIGA indique que certains déchets alimentaires doivent être traités par des professionnels, par compostage industriel ou méthanisation, afin d’éviter tout risque sanitaire.

Les gestes pour démarrer et entretenir son compost

Pour commencer, déposez une première base de matières sèches et grossières, comme des brindilles, des feuilles mortes, de petits morceaux de carton ou du bois broyé. Cette base aide l’air à circuler. Ajoutez ensuite vos déchets de cuisine, puis recouvrez-les avec des matières sèches. Ce geste simple limite les odeurs et les moucherons.

  1. Installez le composteur ou le tas dans un endroit pratique, idéalement ombragé au jardin.
  2. Déposez une base aérée de matières brunes ou sèches.
  3. Ajoutez les déchets de cuisine compostables au fil des jours.
  4. Recouvrez régulièrement avec feuilles mortes, carton, foin ou sciure.
  5. Coupez ou broyez les éléments durs et volumineux.
  6. Mélangez pour répartir l’air et l’humidité.
  7. Retournez le compost une fois par mois avec une fourche, comme le recommande le MNHN.

Surveiller l’humidité sans compliquer

Un bon compost doit être humide comme une éponge essorée : ni détrempé, ni poussiéreux. S’il colle, sent fort ou forme une masse compacte, ajoutez des matières sèches et aérez. S’il reste sec, très lent et friable, ajoutez des déchets verts ou humidifiez légèrement.

Pourquoi l’aération est indispensable

Le compostage a besoin d’oxygène. Lorsque le tas se tasse, l’air ne pénètre plus dans toutes les zones et la décomposition peut basculer vers la fermentation. Le retournement mensuel à la fourche permet de décompacter, de mélanger les apports récents avec les plus anciens et de relancer l’activité des micro-organismes.

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Pourquoi composter change vraiment la gestion des déchets

Selon STIGA citant l’ADEME, chaque ménage français produit 580 kilos de déchets par an, avec une baisse de seulement -3% sur 10 ans. Un tiers de ces déchets sont des biodéchets. Les détourner de la poubelle représente donc un geste concret, visible à l’échelle du foyer.

Le compostage réduit le volume des ordures ménagères, valorise les déchets de cuisine et de jardin, et limite certains transports jusqu’à la déchetterie. Il s’inscrit aussi dans le mouvement du tri à la source des biodéchets, encouragé par la loi de transition énergétique pour une croissance verte au niveau des collectivités.

Au jardin, le bénéfice est tout aussi direct. Le compost devient un amendement organique qui nourrit la terre, améliore sa fertilité et soutient les plantes, les fleurs ou le potager. Gamm Vert le présente comme un fertilisant 100% naturel, pouvant réduire le recours aux engrais, au terreau et à l’eau.

Pour débuter sans erreur, retenez trois réflexes : varier les apports, toujours associer humide et sec, et aérer régulièrement. Avec ces bases, les biodéchets cessent d’être un problème de poubelle et deviennent une ressource locale pour le sol.

Éléonore Guichard-Duranel
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